Crise du logement, la presse l'expose, les Français la subisse.
L'action menée par " Les Enfants de Don Quichotte " sur la situation critique des SDF, relayée cet hiver par les médias, touche et indigne les Français. Cette initiative et la disparition de l'Abbé Pierre, dont je salue le courage, l'abnégation et la détermination, et son combat de plus d'un demi-siècle avec " Emmaus " ont réactivé la question du logement en France.
Les chiffres de l'INSEE donnent l'ampleur de la catastrophe : 800 000 personnes ont eu à un moment donné l'expérience de la rue. Un récent sondage BVA commandé par l'association " Emmaus " indique que près d'un Français sur deux a peur de dtomber dans l'exclusion et pense qu'il pourrait devenir un sans-abri.
Insuffisante voire inefficace, la solidarité nationale fabrique la précarité. Les dispositifs d'hébergements sociaux, d'urgences et temporaires, les nuîtées d'hôtels insalubres, conçus à l'origine pour les plus démunis sont aujourd'hui engorgés, nombreux à être occupés par des salariés à faibles revenus avec des contrats de travail, précaires ou pas. Notre système économique produit de nouveaux exclus : les salariés.
Cette crise touche toutes les familles, à faibles ou moyens revenus qui, si elles ont un toît, subissent des loyers et des charges en constante augmentation, supérieure en moyenne à la croissance de leurs revenus... Lorsque ces derniers ne chutent pas pour cause de chômage ou de temps partiel imposé !
Les propriétaires ne sont pas plus protégés : durée du crédit immobilier de plus en plus longue, de 15 à 30 ans ; mensualités de remboursement évaluées en moyenne à 700 € par ménage ; charges et impôts locaux en hausse (augmentation du coût des combustibles pour le chauffage, taxes foncières qui s'envolents).
Cette situation est aggravée par la transformation de la société qui nécessite plus de logements : allongement de la vie et augmentation de la population, accroissement du nombre de célibataires et de familles monoparentales. Le pays manquerait déjà plus de 900 000 logements !
La volonté et l'action politique doivent impérativement reprendre en main et transformer ce système collectif en faillite qui banalise et accélère l'exclusion. ce sujet ne manquera pas d'être au coeur des campagnes électorales ; présidentielle et législative cette année.
AGIR AVEC DETERMINATION POUR LE LOGEMENT SOCIAL
Un programme d'envergure sans précédent doit être engagé pour construire 400 000 logements sociaux par en jusqu'en 2010. Pour atteindre un tel objectif, il est indispensable de débloquer des moyens financiers considérables et de les accompagner de mesures efficaces comme :
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- Dresser une carte par région des fonciers disponibles (terrains libres à la construction).
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- Rendre obligatoire la construction de logements en cas de foncier disponibles au lieu d'appliquer une amende aux communes qui ont moins de 20% de logements sociaux.
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- Faire porter ce dispositif par l'Etat afin de ne pas soumettre les élus locaux à la pression électoraliste.
Mourad LEBCIR
Lettre des élus socialistes et républicains - Janvier 2007